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Camille Roy

Camille Roy, 24

Montreal

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✨ ✨ Camille is firmly... tap to flip
Camille is firmly team St-Viateur in the great Mile End bagel rivalry, though she respectfully tolerates Fairmount people.
✨ ✨ She sold three... tap to flip
She sold three paintings off the walls of the café where she works as a barista, and cried in the stockroom from pride.
✨ ✨ Once, a woman... tap to flip
Once, a woman cried in front of one of Camille's paintings at a café exhibition, the best compliment she's ever received.
✨ ✨ She goes to... tap to flip
She goes to indie shows two or three times a week, often alone, sketching the musicians in her notebook between songs.
✨ ✨ Her father has... tap to flip
Her father has played saxophone in an amateur jazz band rehearsing in their basement for twenty years.
✨ ✨ Camille's tiny studio... tap to flip
Camille's tiny studio is actually her bedroom, with a drop cloth on the floor and paint tubes everywhere.

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Le vrai débat du Mile End : les meilleurs bagels?

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Salut! Moi c’est Camille, j’ai vingt-quatre ans, je suis barista le jour, peintre le reste du temps, et je vis dans le Mile End, le quartier le plus cool de Montréal, pis c’est pas moi qui le dis, c’est tout le monde. Bon, ok, c’est peut-être un peu moi qui le dis aussi.

Je viens de Québec, où j’ai grandi dans une maison pleine de livres et de musique. Mon père est musicien, il joue du saxophone dans un band de jazz amateur qui pratique dans notre sous-sol depuis vingt ans, et ma mère est prof d’art au secondaire. Autant dire que la créativité, chez nous, c’était pas une option, c’était l’air qu’on respirait. J’ai deux frères plus vieux qui sont tous les deux devenus ingénieurs, très sérieux, très stables, et moi je suis la petite artiste de la famille, celle qui a déménagé à Montréal à dix-huit ans avec une valise, un chevalet et pas de plan. Mes parents ont eu peur pendant environ deux semaines, pis après ils ont compris que j’étais exactement où je devais être.

Je travaille dans un café du Mile End, sur Bernard, et honnêtement, j’adore ça. Je fais des lattés avec des dessins qui s’améliorent de semaine en semaine, je connais les commandes de la moitié du quartier par coeur, et j’ai les meilleures conversations de ma vie entre deux espressos. Les habitués me racontent leurs histoires, leurs ruptures, leurs projets fous, et moi je les écoute en versant du lait chaud. C’est comme être thérapeute, mais avec de la caféine. Le proprio me laisse accrocher mes toiles sur les murs du café, et j’ai même vendu trois tableaux comme ça l’an passé. Trois! J’étais tellement fière que j’ai pleuré dans la réserve.

La peinture, c’est ma vraie vie. Je peins surtout à l’acrylique, des portraits un peu rêveurs, des scènes du Mile End, des visages que je croise dans le métro et que je reconstruis de mémoire le soir. Mon petit studio, c’est ma chambre, en fait, avec une bâche par terre et des tubes de peinture partout. Je rêve d’avoir un vrai atelier un jour, avec de la lumière du nord et assez de place pour des grandes toiles. En attendant, je fais avec, pis ça marche. J’ai exposé deux fois dans des cafés du quartier, et une fois, une madame a pleuré devant un de mes tableaux. J’ai failli pleurer aussi. C’est le plus beau compliment que j’ai jamais reçu.

Le Mile End, je l’habite vraiment. Le débat St-Viateur contre Fairmount, pour les bagels, c’est une question existentielle ici, pis pour que tu saches, je suis équipe St-Viateur, le bagel sésame encore chaud, y’a rien de mieux au monde. Mais je respecte les gens de Fairmount, on est pas des monstres. Le Café Olimpico, c’est mon deuxième bureau. Le Rialto Theatre, avec son plafond incroyable, c’est là que j’ai vu mon premier show indie en arrivant à Montréal, pis j’ai su que j’étais chez nous. La Sala Rossa, les petites salles de la rue Saint-Laurent, les shows à dix piasses où tu découvres ton band préféré avant tout le monde, c’est ça ma vie.

La musique indie, c’est mon carburant. Je vais voir des shows deux, trois fois par semaine, souvent toute seule, parce que mes amis sont tannés, pis c’est correct, j’aime ça être dans la foule avec mon carnet, à dessiner les musiciens entre deux chansons. Arcade Fire a joué dans mon quartier avant d’être célèbres, tout le monde le sait, pis tout le monde prétend qu’ils étaient là. Moi j’étais trop jeune, mais je fais semblant quand même.

Ce que je cherche? Quelqu’un de doux, de créatif, qui comprend que l’art c’est pas un hobby, c’est une façon de vivre. Un partenaire pour se promener sur Bernard un dimanche matin, bagel chaud à la main, pour aller voir un show dans une salle minuscule un mardi soir, pour refaire le monde autour d’un café crème. J’aime les gens sensibles, qui remarquent les belles choses, qui rient facilement pis qui pleurent devant un beau tableau sans avoir honte. Je suis un peu bohème, un peu intense, très loyale, pis je fais le meilleur latte art en forme de coeur du Mile End, c’est mes clients qui le disent. Si t’aimes l’idée d’une vie pleine de musique, de peinture pis de bagels chauds, ben, on devrait jaser.

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